On confond souvent deux barèmes qui ne font pas du tout la même chose:
Le barème kilométrique couvre l'ensemble des frais de ton véhicule.
Le barème carburant, lui, ne couvre qu'une seule ligne: le carburant. C'est une option moins connue, mais elle rend service dans un cas précis, typiquement quand ton véhicule est en leasing et que tu déduis déjà les loyers. Voici ce qu'elle est, qui y a droit, et comment la comparer aux autres méthodes.
Cet article part du cas d'un indépendant au régime réel. Si tu ne sais pas encore quelle méthode de déduction t'est ouverte, commence par Frais kilométriques 2026.
Ce que le barème carburant couvre, et ce qu'il ne couvre pas
Le barème carburant est un forfait qui évalue uniquement tes dépenses de carburant (gazole, essence sans plomb, GPL), au kilomètre parcouru. Tu multiplies tes kilomètres professionnels par un tarif qui dépend de la puissance fiscale de ton véhicule, et tu obtiens ta déduction carburant, sans avoir à conserver et additionner chaque ticket de station-service.
Tout le reste sort du forfait et reste déductible séparément, sur factures : entretien, réparations, pneus, assurance, loyers de location, péages, stationnement. C'est toute la différence avec le barème kilométrique, qui, lui, est réputé couvrir l'ensemble de ces postes d'un coup et interdit donc de les déduire une seconde fois.
Dit autrement: le barème carburant n'est pas une méthode complète, c'est une simplification d'une seule ligne à l'intérieur d'une déduction au réel.
Les montants 2026
Voici le barème applicable aux dépenses de carburant de 2025, à utiliser pour la déclaration déposée en 2026. Pour les voitures de tourisme:

Pour les deux-roues motorisés:
0,037 €/km en dessous de 50 CC,
0,074 €/km de 50 à 125 CC,
0,095 €/km de 3 à 5 CV,
et 0,131 €/km au-delà de 5 CV.
La puissance fiscale se lit au repère P.6 de ta carte grise, comme pour le barème kilométrique. Ces montants sont révisés chaque année : vérifie toujours le barème de l'année avant de calculer.
Qui peut l'utiliser
Le barème carburant n'est pas ouvert à tout le monde. Il vise, sous conditions:
les titulaires de BNC, en particulier ceux dont le véhicule est en location, leasing ou crédit-bail et dont les loyers sont déduits ;
les entreprises individuelles au BIC ayant opté pour la comptabilité super-simplifiée ;
les bénéfices agricoles au régime simplifié ;
les salariés, dans des cas particuliers.
Deux limites à retenir: le barème vise les véhicules à usage mixte (personnel et professionnel): les véhicules utilitaires en sont exclus. Et il ne se cumule pas avec le barème kilométrique sur un même véhicule, puisque ce dernier couvre déjà le carburant.
C'est ce qui explique son intérêt principal. Si tu es en BNC avec un véhicule en leasing et que tu déduis les loyers, le barème kilométrique t'est fermé (ce serait une double déduction de la dépréciation). Tu es donc au réel. Le barème carburant te permet alors de ne pas avoir à collecter tes tickets de carburant, tout en déduisant normalement les loyers, l'assurance et l'entretien sur factures. On détaille ce point d'articulation dans Acheter, louer (leasing) ou barème: que choisir pour ton véhicule?.
Comment le comparer aux autres méthodes
Trois méthodes coexistent, et il faut les mettre côte à côte sur ta situation réelle:
Barème kilométrique: un seul calcul, qui couvre tout (carburant, entretien, pneus, assurance, dépréciation). Réservé aux véhicules dont tu ne déduis pas les loyers, et interdit au BIC. Souvent le plus avantageux pour un gros rouleur en véhicule personnel. Voir Barème kilométrique ou frais réels: quelle méthode pour déduire tes déplacements en voiture?.
Frais réels intégraux: tu déduis toutes tes dépenses sur factures, y compris le carburant, au prorata de ton usage professionnel. Le plus fidèle, le plus lourd à tenir.
Frais réels avec barème carburant: identique au précédent, sauf que la ligne carburant est forfaitisée au kilomètre. Moins de paperasse, mais le forfait peut être en dessous de ta dépense réelle si tu roules beaucoup en ville ou avec un véhicule gourmand.
Le bon réflexe est de chiffrer les trois sur une année complète avant de trancher, puis de valider le choix avec ton expert-comptable, parce que l'éligibilité dépend de ton régime et de la façon dont ton véhicule est comptabilisé.
Le point commun des trois méthodes: tes kilomètres
Le barème carburant se calcule au kilomètre. Il ne t'exonère donc de rien sur le plan de la preuve: tu dois pouvoir justifier le nombre de kilomètres parcourus et l'utilisation du véhicule pour les besoins de ton activité. C'est exactement la même exigence qu'au barème kilométrique, et qu'au réel, où le prorata professionnel se justifie lui aussi par un décompte.
Sans décompte fiable, aucun de ces calculs ne tient en cas de contrôle. Ce que ton carnet doit contenir est détaillé dans Carnet de trajets: ce qu'il faut pour qu'il soit opposable en cas de contrôle fiscal.
Movely s'occupe du kilométrage
Quelle que soit la méthode que tu retiens, tout repose sur le même chiffre: combien de kilomètres tu as parcourus pour ton activité, et pourquoi. Movely détecte tes trajets automatiquement, te laisse trier le professionnel du personnel d'un geste, et génère un carnet daté et géolocalisé, prêt à transmettre à ton comptable.
Tu as alors le kilométrage qui alimente le barème carburant, le barème kilométrique ou ton prorata au réel, et de quoi le justifier si on te le demande.
En résumé
Le barème carburant forfaitise une seule ligne, le carburant, au kilomètre parcouru, et laisse toutes les autres dépenses déductibles sur factures. Il est ouvert notamment aux BNC dont le véhicule est en location ou en leasing avec loyers déduits, et aux entreprises individuelles au BIC en comptabilité super-simplifiée. Il ne se cumule jamais avec le barème kilométrique. Pour la déclaration 2026, il va de 0,072 à 0,208 €/km selon la puissance fiscale et le carburant. Et comme il se calcule au kilomètre, il suppose, lui aussi, un décompte de tes trajets professionnels que tu puisses présenter.

