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Frais kilométriques 2026: comment les déduire de tes impôts (indépendants)
Guide fiscal24 juillet 2026

Frais kilométriques 2026: comment les déduire de tes impôts (indépendants)

Quand tu roules pour ton activité, tes kilomètres professionnels peuvent alléger sérieusement ton impôt. Encore faut-il savoir qui peut les déduire, à quelles conditions, et comment le faire proprement. Voici le mode d'emploi pour un indépendant.


Qui peut déduire ses frais kilométriques ?


Deux conditions : relever des BNC (bénéfices non commerciaux) et être au régime réel.


Le régime réel, c'est la déclaration contrôlée (formulaire 2035) : tu déduis tes charges réelles, dont tes frais kilométriques au barème.


Le régime micro, c'est le micro-BNC. Là, tu ne déduis aucune dépense réelle : un abattement forfaitaire de 34 % est appliqué à ta place, censé couvrir toutes tes charges — donc pas de barème kilométrique en plus.

Une précision de vocabulaire utile : le micro-BNC est un régime fiscal (abattement 34 %), et c'est aussi le volet fiscal du statut d'auto-entrepreneur (officiellement « micro-entrepreneur »), qui y ajoute le régime micro-social.

Attention à ne pas les confondre : beaucoup d'indépendants au micro-BNC sont auto-entrepreneurs (et ont donc, en plus, le régime micro-social), mais pas tous. Certaines professions libérales réglementées sont interdites du statut d'auto-entrepreneur — c'est le cas de l'infirmier libéral (et du kiné). Elles peuvent relever du micro-BNC (le volet fiscal), mais jamais du statut d'auto-entrepreneur : elles gardent le régime social normal.


Micro ou réel : où est la limite ? Le micro-BNC est accessible tant que tes recettes annuelles ne dépassent pas 83.600 € HT (seuil 2026). Au-delà, la déclaration contrôlée (le réel) devient obligatoire. En dessous, tu peux malgré tout opter pour le réel si c'est plus avantageux — c'est souvent le cas quand on roule beaucoup.


On compare tout dans Micro-BNC, frais réels ou forfait : que choisir quand tu roules beaucoup ?.


Et les BIC ? Cet article vise les BNC, et ce n'est pas un hasard : en BIC (commerçants, artisans…), le barème kilométrique est tout simplement interdit. Les entreprises en BIC déduisent leurs frais de véhicule au réel (dépenses réelles justifiées sur factures), avec une seule exception limitée, pour le carburant (le barème « essence », réservé aux entreprises individuelles en comptabilité super-simplifiée).


En résumé : le barème kilométrique, c'est pour les BNC au réel — et pour les salariés et dirigeants assimilés salariés.




Ce qu'on entend par « indépendant » ici. Cet article vise les professionnels relevant des BNC au réel : entreprises individuelles et professions libérales, ainsi que les associés de sociétés de personnes à l'impôt sur le revenu — ce qui inclut l'EURL (à l'IR par défaut) et la SARL de famille (ou une SARL ayant opté pour l'IR).


Les dirigeants de sociétés à l'IS suivent une autre logique, non traitée ici : le président de SAS/SASU et le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL (associé à 50 % du capital ou moins) sont assimilés salariés — remboursement en note de frais pour les trajets pro, domicile-travail sur la déclaration perso ; le gérant majoritaire de SARL (TNS) déduit, lui, ses frais réels de sa rémunération (article 62 du CGI).




Quels trajets sont déductibles ?


Deux familles de trajets ouvrent droit à déduction :


  • Les déplacements professionnels : rendez-vous clients, visites, tournées de soins, interventions, déplacements chez un partenaire ou un fournisseur, trajets entre deux lieux de mission. Il faut pouvoir justifier la date et le motif.


  • Les trajets domicile ↔ lieu de travail habituel : eux aussi déductibles, mais plafonnés à 40 km de distance (soit 80 km aller-retour). Au-delà de 40 km, tu ne retiens que 40 km, sauf circonstances particulières que tu peux justifier. En principe, un seul aller-retour par jour.


Les trajets purement personnels, eux, ne comptent jamais. D'où l'importance d'un décompte qui distingue clairement le professionnel du personnel.


Comment se calcule la déduction


La déduction se calcule avec le barème kilométrique, en fonction de la puissance fiscale de ta voiture et du total de tes kilomètres professionnels de l'année. Le détail des montants 2026 et des formules est dans l'article Barème kilométrique 2026 : montants, calcul et déduction aux impôts, et la méthode de calcul pas à pas dans Calcul des frais kilométriques : méthode, exemples et simulateur.


À titre d'ordre de grandeur, une 5 CV utilisée sur 20.000 km professionnels donne, avec le barème 2026 :


(20.000 × 0,357) + 1.395 = 8.535 € de frais déductibles sur l'année.


Où et comment le déclarer


Concrètement, en BNC au réel, tes frais kilométriques s'inscrivent dans les charges de ta déclaration 2035, précisément au cadre 7 « frais de véhicules » de l'annexe 2035 B. Ils réduisent ton bénéfice, qui est ensuite reporté sur ta déclaration de revenus 2042 C-PRO. Pense à conserver les éléments qui fondent le calcul : la carte grise (pour la puissance fiscale), ton décompte de kilomètres, et les justificatifs des frais annexes déductibles en plus du barème (péages, stationnement).


Un point qui change selon ta structure : si tu exerces seul (entreprise individuelle), tous tes trajets — professionnels comme domicile-travail — réduisent directement ton résultat sur la 2035, simple.

Mais si tu exerces en société de personnes (avec des associés : SCP, SEL à l'IR…), la répartition est plus fine : les frais professionnels (visites de clientèle) diminuent le résultat de la société, tandis que les frais domicile-travail de chaque associé viennent en déduction de sa propre quote-part de bénéfice — pas du résultat commun. Cette quote-part de bénéfice de chaque associé est ensuite reportée sur sa déclaration de revenus 2042 C-PRO. Dès qu'il y a des associés, mieux vaut caler cette répartition avec ton comptable.


Tu n'envoies pas ces justificatifs avec ta déclaration : tu dois simplement pouvoir les produire si l'administration te les demande.


L'erreur qui coûte cher : sous-déclarer par manque de preuve


Beaucoup d'indépendants sous-estiment leurs kilomètres, ou n'osent pas les déduire, faute de pouvoir les justifier. Reconstituer une année de trajets de mémoire en avril, c'est à la fois pénible et fragile en cas de contrôle.


Résultat : de l'impôt payé en trop.


Movely automatise cette partie : l'application détecte tes trajets au fil de l'eau, te laisse indiquer d'un geste lesquels sont professionnels, et génère un carnet de route géolocalisé et daté, opposable et prêt à transmettre à ton comptable. Tu déduis exactement ce que tu as parcouru, sans rien reconstituer.


En résumé


Déduire ses frais kilométriques suppose d'être en BNC au réel, de ne compter que les trajets éligibles (professionnels et domicile-travail dans la limite de 40 km), d'appliquer le barème et de pouvoir tout justifier. Pour un gros rouleur, l'enjeu se chiffre souvent en milliers d'euros. Movely s'occupe du comptage et de la preuve pour que tu ne laisses rien sur la table.




Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Vérifie les règles applicables à ta situation sur impots.gouv.fr et auprès de ton expert-comptable.