Si tu utilises ta voiture pour ton activité, chaque kilomètre professionnel peut réduire ton impôt. Le barème kilométrique est l'outil officiel qui transforme tes trajets en déduction fiscale. Voici les montants 2026, la méthode de calcul, qui peut vraiment l'utiliser et quels trajets sont éligibles.
Le barème kilométrique, c'est quoi ?
Le barème kilométrique est un tableau publié chaque année par l'administration fiscale. Il évalue forfaitairement le coût d'utilisation de ton véhicule (carburant, entretien, assurance, usure…) en fonction de deux critères : la puissance fiscale de ta voiture (en chevaux fiscaux, ou CV) et le nombre de kilomètres professionnels parcourus dans l'année.
L'avantage est double : tu n'as pas à conserver chaque facture de carburant ou de garage, et le montant obtenu vient en déduction de ton bénéfice imposable si tu es au régime réel.
Le barème 2026 pour les voitures
Bon à savoir : pour 2026, le barème est reconduit à l'identique de 2025, sans revalorisation.

« d » représente la distance professionnelle parcourue dans l'année, en kilomètres.
Véhicule électrique : une majoration de 20 %
Si ta voiture est électrique, tu appliques d'abord le barème normalement, puis tu majores le résultat de 20 %. Cette majoration s'applique de la même manière quelle que soit la tranche kilométrique.
Exemple : une 5 CV sur 12.000 km donne 5.679 € au barème (voir le calcul plus bas). En version électrique :
5.679 × 1,20 = 6.815 € de frais déductibles.
Où trouver la puissance fiscale (CV) — et ne pas la confondre avec les chevaux DIN
Pour appliquer le bon barème, il te faut la puissance fiscale de ta voiture. Elle figure sur ta carte grise (certificat d'immatriculation), au repère P.6, exprimée en chevaux fiscaux (CV).
Ne la confonds pas avec les chevaux DIN (souvent appelés « chevaux » tout court, repère P.2 en kW sur la carte grise) : les chevaux DIN mesurent la puissance réelle du moteur — ce qui fait avancer la voiture.
Les chevaux fiscaux, eux, sont une valeur administrative calculée par l'État (à partir de la puissance et des émissions de CO₂) qui sert au calcul des taxes, de la carte grise… et du barème kilométrique. Une même voiture peut afficher 110 chevaux DIN et seulement 5 ou 6 CV fiscaux. C'est bien le CV fiscal du repère P.6 qui détermine ta ligne dans le tableau.
Comment calculer ta déduction
Tu repères la ligne correspondant à la puissance fiscale de ton véhicule, la colonne correspondant à ton kilométrage professionnel annuel, puis tu appliques la formule.
Exemple 1 : une 5 CV, 12.000 km professionnels sur l'année, tranche « 5.001 à 20.000 km » :
(12.000 × 0,357) + 1.395 = 5.679 € de frais déductibles.
Exemple 2 : une 4 CV, 4.000 km professionnels dans l'année, tranche « jusqu'à 5.000 km » :
4.000 × 0,606 = 2.424 € de frais déductibles.
Pour la méthode pas à pas et d'autres exemples, voir Calcul des frais kilométriques : méthode, exemples et simulateur.
Qui peut utiliser le barème kilométrique ?
C'est le point le plus mal compris. Le barème ne s'applique pas à tout le monde :
- Indépendants en BNC au régime réel (déclaration contrôlée) : oui, sur option, pour un véhicule personnel de tourisme. C'est le cas de la plupart des professions libérales (infirmiers, kinés, mandataires…).
- Indépendants en BIC : non — le barème kilométrique est interdit. Les BIC déduisent leurs frais de véhicule au réel (dépenses réelles justifiées). Une seule exception, limitée : le barème « essence » pour le seul carburant, réservé aux entreprises individuelles au réel simplifié ayant opté pour une comptabilité « super-simplifiée ».
- Régime micro (micro-BNC ou micro-BIC), c'est-à-dire le régime du micro-entrepreneur / auto-entrepreneur : non. Au micro, un abattement forfaitaire est appliqué à ta place — tu ne déduis aucune dépense réelle, donc pas de barème. En BNC, tu peux toutefois opter pour la déclaration contrôlée (le réel) pour pouvoir déduire.
- Salariés et dirigeants assimilés salariés (président de SAS/SASU, gérant minoritaire de SARL…) : oui, au barème, sur leur véhicule personnel — mais attention à où se fait la déduction (voir juste en dessous).
La différence entre micro (abattement forfaitaire) et réel (déduction des charges réelles, dont le barème) est décisive : on la détaille dans Micro-BNC, frais réels ou forfait : que choisir quand tu roules beaucoup ?.
Quels trajets sont éligibles ?
Tous tes kilomètres ne comptent pas — seuls les trajets professionnels sont déductibles :
- Déplacements professionnels (client, fournisseur, mission, rendez-vous, trajets entre lieux de mission) : déductibles, à condition de justifier la date et le motif.
- Domicile ↔ lieu de travail habituel : déductible, mais plafonné à 40 km de distance (soit 80 km aller-retour). Au-delà de 40 km, tu ne retiens que 40 km, sauf circonstances particulières justifiées. En principe, un seul aller-retour par jour.
- Trajets personnels : jamais déductibles.
Un point important pour les salariés et dirigeants assimilés salariés : les trajets professionnels se remboursent en note de frais au niveau de la société, mais les trajets domicile ↔ travail se déduisent obligatoirement sur la déclaration de revenus personnelle (en optant pour les frais réels), jamais en note de frais.
Quels véhicules sont concernés ?
Le barème vise les véhicules de tourisme personnels (à toi, à ton conjoint ou au foyer fiscal). Sont exclus : les véhicules utilitaires (qui passent obligatoirement au réel), les véhicules non immatriculés, les voitures sans permis, les véhicules de société ou de fonction (traités en avantage en nature), et le covoiturage en tant que passager.
Ce que le barème couvre (et ce qui s'ajoute)
Le barème est réputé couvrir l'essentiel des dépenses du véhicule : dépréciation, réparations et entretien, pneumatiques, carburant et primes d'assurance. Tu ne peux donc pas déduire ces postes une seconde fois « au réel » en plus du barème.
En revanche, certains frais restent déductibles en plus du barème, sur justificatifs : les péages, les intérêts d'emprunt si la voiture a été achetée à crédit (au prorata de l'usage professionnel) et les frais de stationnement engagés lors de tes déplacements professionnels — horodateurs, parcmètres, parking ponctuel chez un client.
Attention à la nuance sur le stationnement : c'est le stationnement occasionnel, lié à un déplacement professionnel, qui s'ajoute au barème. Un stationnement personnel (le garage ou la place de ton domicile) n'ouvre droit à aucune déduction. Pour un abonnement de parking régulier, seule la part réellement professionnelle est admise — un sujet à valider avec ton comptable plutôt qu'à passer d'office.
Le carnet de trajets : indispensable en cas de contrôle
Déduire, c'est bien. Pouvoir le justifier, c'est indispensable. En cas de contrôle, l'administration peut te demander de prouver chaque trajet : la réalité et le caractère professionnel du déplacement, ainsi que la distance.
En pratique, tu dois tenir un relevé de déplacements détaillé — pour chaque trajet : la date, le lieu de départ et d'arrivée, le motif professionnel, la distance parcourue, ainsi que le véhicule et sa puissance fiscale. Garde aussi ta carte grise et les justificatifs annexes (péages, parking). Ces pièces sont à conserver au moins 3 ans (6 ans pour un dirigeant assimilé salarié). Ne pas tenir ce carnet est un motif de redressement fréquent.
Que risques-tu en cas de redressement ?
Si l'administration remet en cause ta déduction faute de justificatifs, la somme est réintégrée à ton bénéfice imposable. Pour un indépendant, cela augmente à la fois ton impôt sur le revenu et tes cotisations sociales (le bénéfice sert d'assiette aux deux).
Reprenons l'exemple de la 5 CV à 12.000 km, soit 5.679 € déduits. Si cette déduction est rejetée :
- ton bénéfice imposable remonte de 5.679 € ;
- à une tranche d'imposition de 30 %, c'est déjà ≈ 1.704 € d'impôt en plus — sans compter la hausse des cotisations sociales ;
- s'ajoutent l'intérêt de retard (0,20 %/mois, soit 2,40 %/an) et une majoration de 10 % (jusqu'à 40 % en cas de manquement délibéré).
Autrement dit, une déduction non justifiée ne se contente pas d'être annulée : elle peut coûter plus cher que l'impôt qu'elle t'avait fait économiser. D'où l'importance d'un carnet solide.
La vraie difficulté : compter (et prouver) tes kilomètres
Le barème est la partie facile. Le vrai enjeu, c'est de savoir combien de kilomètres professionnels tu as réellement parcourus — et de pouvoir le prouver. Beaucoup d'indépendants sous-estiment ce chiffre parce qu'ils reconstituent leurs trajets de mémoire en fin d'année.
C'est le problème que Movely résout : l'application détecte automatiquement tes trajets et enregistre pour chacun la date, l'itinéraire (adresses de départ et d'arrivée), la distance et la géolocalisation. Elle génère un carnet de route au niveau de détail attendu en cas de contrôle, prêt à transmettre à ton comptable. Tu ne perds plus un kilomètre, et la preuve se construit toute seule.
En résumé
Le barème kilométrique 2026 reste identique à 2025. Pour en tirer parti : être au régime réel (le barème est réservé au BNC réel et aux salariés/dirigeants assimilés — interdit en BIC et au micro), connaître la puissance fiscale de ta voiture (repère P.6 de la carte grise), ne compter que les trajets éligibles, et tenir un carnet justifiable. Movely s'occupe de cette dernière partie.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les barèmes, seuils et règles évoluent et comportent des cas particuliers : vérifie ta situation sur impots.gouv.fr ou auprès de ton expert-comptable avant toute déclaration.

