Estimations, visites, rendez-vous notaire, prospection terrain: le métier de mandataire immobilier se fait autant sur la route qu'au bureau. Tu es un gros rouleur — et ces kilomètres représentent une déduction fiscale importante, à condition de choisir la bonne méthode et de pouvoir la justifier.
Tu roules beaucoup: le choix de la méthode compte
En tant qu'agent commercial indépendant, tu relèves le plus souvent des bénéfices non commerciaux (BNC). Si tu es à la déclaration contrôlée (le régime réel), tu peux déduire de ton bénéfice imposable les frais liés à l'usage professionnel de ta voiture personnelle.
Chaque déplacement professionnel compte: aller estimer un bien, faire visiter, déposer des flyers, rencontrer un notaire, relancer un vendeur. À l'inverse, tes trajets purement personnels ne rentrent jamais dans le calcul — d'où l'importance de bien séparer les deux.
Pour un gros rouleur, la vraie question n'est pas si tu peux déduire, mais comment: deux méthodes existent pour un véhicule personnel, le barème kilométrique et les frais réels. Elles ne se cumulent pas — tu choisis l'une pour l'année.
Le barème kilométrique: souvent la meilleure option
Le barème kilométrique est un forfait publié chaque année par l'administration. Tu multiplies tes kilomètres professionnels par un tarif qui dépend de la puissance fiscale de ta voiture, et tu obtiens un montant déductible qui couvre l'ensemble des frais du véhicule (carburant, entretien, assurance, dépréciation…).
Simple, et sans facture à conserver poste par poste.
Un exemple. Pour une voiture personnelle de 6 CV et 22.000 km professionnels dans l'année, la tranche à utiliser dépend du total de kilomètres de l'année: au-delà de 20.000 km, la formule 2026 est d × 0,447.
Soit: 22.000 × 0,447 = 9.834 € de frais déductibles.
À ce niveau, la déduction peut dépasser l'abattement forfaitaire du micro-BNC. Pour la plupart des mandataires qui roulent avec leur voiture perso, le barème est le choix le plus simple et souvent le plus avantageux.
Les frais réels: une alternative possible
Au lieu du forfait, tu peux déduire tes dépenses réelles au prorata de ton usage professionnel — carburant, entretien courant, petites réparations… En BNC, ces frais réels ne sont pas plafonnés par le barème: s'ils sont élevés, ils peuvent te faire déduire davantage.
Une réserve importante, selon que ta voiture est ou non inscrite à l'actif. Sur un véhicule que tu gardes dans ton patrimoine privé (le cas le plus fréquent chez les mandataires), toutes les dépenses ne sont pas librement déductibles. La dépréciation (amortissement), les grosses réparations et les intérêts d'emprunt sont des « charges de propriété »: elles ne se déduisent pas tant que le véhicule reste privé — tu ne déduis alors que les charges d'utilisation (carburant, entretien courant, petites réparations).
Pour déduire la dépréciation ou une grosse réparation, il faut inscrire le véhicule à l'actif de ton activité, et l'amortissement est alors lui-même plafonné selon les émissions de CO₂ du véhicule. Autrement dit, les frais réels sont plus techniques qu'ils n'en ont l'air: c'est un arbitrage à faire avec ton comptable, selon ta situation.
Cette option demande aussi plus de rigueur: tu dois conserver toutes les factures et, surtout, justifier la répartition pro/perso de chaque dépense. Cette répartition se prouve avec un décompte des kilomètres — sans lui, la déduction est fragile en cas de contrôle (motif de redressement courant).
Le bon réflexe: une fois tes kilomètres connus, comparer ce que donnent le barème et le réel, puis retenir le plus favorable — idéalement avec ton comptable.
Une parenthèse sur la TVA
Tu entends peut-être: « moi, je récupère la TVA sur mon essence. » Attention à ne pas mélanger: la récupération de TVA suppose d'être assujetti à la TVA et de suivre tes frais au réel — et elle est incompatible avec le barème sur un même véhicule, puisque le barème couvre déjà le carburant (ce serait une double déduction). Pour un mandataire qui roule avec sa voiture personnelle au barème, la question ne se pose donc pas.
Et même quand elle s'applique, la TVA sur le carburant est plafonnée (80 % pour l'essence et le gazole d'une voiture de tourisme) et n'exonère pas de justifier la part professionnelle de tes kilomètres. Là encore, tout revient au décompte de tes trajets.
Le vrai enjeu, dans tous les cas: prouver tes kilomètres
Barème ou frais réels: toutes ces méthodes reposent sur la même chose — connaître et pouvoir justifier tes kilomètres professionnels. En cas de contrôle, l'administration peut te demander de prouver la réalité et le caractère professionnel de tes déplacements. Or, entre deux mandats et trois visites, tenir un carnet à la main est décourageant — et beaucoup finissent par sous-déclarer (et payer trop d'impôt) ou déclarer un chiffre reconstitué de mémoire (et se fragiliser).
C'est ce que Movely automatise: l'application détecte tes trajets, les enregistre au fil de tes journées, et te laisse indiquer d'un geste lesquels sont professionnels. En fin d'année, tu génères un carnet de route géolocalisé et daté, opposable en cas de contrôle et prêt à transmettre à ton comptable.
Tu ne perds plus un kilomètre, tu ne reconstitues plus rien — et quelle que soit la méthode que tu choisis avec ton comptable, tu as la preuve qui va avec.

